« Après le déluge », de Gao Xingjian, vendredi 2 juillet au festival de Vernon
On ne présente plus le prix Nobel de littérature Gao Xingjian (高行健). Pourtant, si l’on connaît assez bien son œuvre littéraire, romans et poèmes, on connaît moins ses œuvres cinématographiques qui, comme son théâtre, sont du domaine expérimental, et sont liées à son œuvre picturale.
Le film qui sera projeté au festival de Vernon ce vendredi, dans le cadre de la thématique « L’art et les artistes », est sa seconde tentative dans ce domaine, après « La silhouette sinon l’ombre », terminé en 2006 mais commencé en 2003 : c’est un court métrage de 28 minutes, réalisé en 2008, intitulé « Après le déluge ». C’est un « film-peinture ».
Gao Xinjian est en effet peintre, et un peintre qui se sert aujourd’hui exclusivement d’encre de Chine, pour créer des images en noir et blanc. On dit qu’il a commencé par étudier la peinture à l’huile occidentale mais que ses visites de musées et de galeries lors de deux voyages en Europe l’ont convaincu de la vanité de ses espoirs de maîtriser ces techniques. Quoi qu’il en soit, ses peintures à l’encre de Chine sont pour lui, maintenant, un moyen de créer des images de son monde intérieur et de ses sentiments intimes. Il décrit ainsi sa peinture :
« Tandis que la peinture moderne et contemporaine utilise les couleurs et les matières sur la surface plane, je préfère utiliser le noir et blanc pour me réapproprier la lumière dans ma quête du monde spirituel. Dans ma peinture, la lumière ne vient pas d’une source extérieure. Lorsque quelqu’un tourne ses regards en lui-même, l’endroit où il pose son regard va irradier la lumière. La fusion de l’eau et de l’encre permet à la lumière de cette vision intérieure de se révéler dans la peinture. » (1)
« Après le déluge » est un jeu visuel à partir de ces images. Les corps de six acteurs/danseurs y dialoguent avec les peintures. Tout est d’abord en noir et blanc, puis, après le déluge, a expliqué l’auteur, il y a une certaine espérance, l’espoir d’une nouvelle vie, les images sont alors légèrement teintées…
Voir les photos du tournage avec la danseuse Francesca Domenichini :
(1) Tiré de : “Realms of the Spirit in Gao Xingjian’s Literature and Art: A Symposium and Film Showcase of a Nobel Laureate” : 4-5 janvier 2010, Centre of Chinese Studies, School of Oriental and African Studies, University of London – symposium organisé en l’honneur de son 70ème anniversaire (ma traduction).