Archive pour juin, 2010

« Après le déluge », de Gao Xingjian, vendredi 2 juillet au festival de Vernon

30 juin, 2010

On ne présente plus le prix Nobel de littérature Gao Xingjian (高行健). Pourtant, si l’on connaît assez bien son œuvre littéraire, romans et poèmes, on connaît moins ses œuvres cinématographiques qui, comme son théâtre, sont du domaine expérimental, et sont liées à son œuvre picturale. 

 

Le film qui sera projeté au festival de Vernon ce vendredi, dans le cadre de la thématique « L’art et les artistes », est sa seconde tentative dans ce domaine, après « La silhouette sinon l’ombre », terminé en 2006 mais commencé en 2003 : c’est un court métrage de 28 minutes, réalisé en 2008, intitulé « Après le déluge ». C’est un « film-peinture ». 

 

Gao Xinjian est en effet peintre, et un peintre qui se sert aujourd’hui exclusivement d’encre de Chine, pour créer des images en noir et blanc. On dit qu’il a commencé par étudier la peinture à l’huile occidentale mais que ses visites de musées et de galeries lors de deux voyages en Europe l’ont convaincu de la vanité de ses espoirs de maîtriser ces techniques. Quoi qu’il en soit, ses peintures à l’encre de Chine sont pour lui, maintenant, un moyen de créer des images de son monde intérieur et de ses sentiments intimes. Il décrit ainsi sa peinture : 

« Tandis que la peinture moderne et contemporaine utilise les couleurs et les matières sur la surface plane, je préfère utiliser le noir et blanc pour me réapproprier la lumière dans ma quête du monde spirituel. Dans ma peinture, la lumière ne vient pas d’une source extérieure. Lorsque quelqu’un tourne ses regards en lui-même, l’endroit où il pose son regard va irradier la lumière. La fusion de l’eau et de l’encre permet à la lumière de cette vision intérieure de se révéler dans la peinture. » (1) 

 

« Après le déluge » est un jeu visuel à partir de ces images. Les corps de six acteurs/danseurs y dialoguent avec les peintures. Tout est d’abord en noir et blanc, puis, après le déluge, a expliqué l’auteur, il y a une certaine espérance, l’espoir d’une nouvelle vie, les images sont alors légèrement teintées… 

 

Voir les photos du tournage avec la danseuse Francesca Domenichini : 

http://viewmorepics.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewPicture&friendID=417591957&albumId=563338 

 

 

(1) Tiré de : “Realms of the Spirit in Gao Xingjian’s Literature and Art: A Symposium and Film Showcase of a Nobel Laureate” : 4-5 janvier 2010, Centre of Chinese Studies, School of Oriental and African Studies, University of London – symposium organisé en l’honneur de son 70ème anniversaire (ma traduction). 

 

 

Festival de Shanghai : le coup de gueule de Feng Xiaogang contre Hollywood

21 juin, 2010

En marge du festival de Shanghai, qui s’est terminé hier soir, étaient organisés des débats sur l’industrie cinématographique. Le plus important, et le premier en date, eut lieu samedi 13 juin ; intitulé « New Front for Industry Collaboration between China and Hollywood« , il rassemblait trois des acteurs les plus importants dans ce domaine : le producteur hollywoodien Harvey Weinstein, Robert Pisano, président et directeur opérationnel de la Motion Picture Association, et Yu Dong (于冬), président-fondateur du groupe chinois Bona International Film (博纳国际影业集团). Mais Feng Xiaogang (冯小刚) était également invité, et leur a volé la vedette. 

 

Il y avait certainement là une erreur de casting, mais la sortie du réalisateur chinois, dûment médiatisée, est révélatrice, à plusieurs égards. Il a commencé en critiquant les efforts déployés par la profession pour concurrencer Hollywood, et en fustigeant l’obsession que c’est devenu. Il s’en est alors pris directement à Harvey Weinstein, qui était à Shanghai, entre autres, pour la promotion du film « Shanghai » qu’il a co-produit avec la Huayi Brothers et qui était projeté le dimanche soir dans le cadre du festival. 

 

La sortie contre Harvey Weinstein 

 

Feng Xiaogang n’y a pas été par quatre chemins : il a tout simplement accusé Weinstein, qui s’était répandu jusque là en compliments sur la croissance du cinéma chinois, de ne s’intéresser au marché chinois que pour les bénéfices qu’il pouvait en tirer (et jusque là rien de vraiment choquant), mais en outre de ne pas remplir ses obligations contractuelles, achetant des droits sur des films en versant un modeste acompte au départ pour se les réserver en éliminant la concurrence, puis de négocier une réduction drastique du prix au moment de verser la totalité, une fois le film terminé. Bref, dit Feng Xiaogang en concluant sa diatribe, ce monsieur est un tricheur, un imposteur. 

 

Il faut toujours se méfier des traductions dans ces cas-là, mais c’est bien ce qu’il a dit, en étendant même son propos à d’autres que lui : 

« 以前很多中国导演和制片人都把哈维当成是神人,是救世主,是为中国电影打开国际销路的人,但现在再问很多导演,他们都会说,,这个骗子. » 

Il fut un temps où beaucoup de réalisateur chinois pensaient que Harvey [Weinstein] était un saint, un sauveur, quelqu’un qui allait ouvrir aux films chinois les portes du marché international. Mais, si vous les questionnez aujourd’hui, ces mêmes réalisateurs vous diront, oh, ce.. 骗子

骗子pianzi, c’est celui qui triche, au jeu et en affaires, un escroc en quelque sorte. 

 

Le terme est sans doute fort, mais il traduit d’abord la désillusion d’un réalisateur qui s’était imaginé, justement, que la collaboration avec Hollywood permettrait à ses films d’être largement distribués à l’international, et en particulier sur le marché américain, ce qui ne fut pas le cas ; la déception fut grande, en particulier, dans le cas de sa grosse production « Le banquet » (夜宴; le film est sorti en 2006, les distributeurs ne se sont pas bousculés pour en acquérir les droits : la gifle, de toute évidence, cuit encore… 

 

Un appel à cultiver le marché intérieur chinois 

 

Weinstein a quitté la réunion, prétextant un avion à prendre. Mais Feng Xiaogang a continué, et le reste de son propos traduit ce qui semble bien être, à l’heure actuelle, une tendance de fond de l’industrie cinématographique chinoise. En gros, il a crié haut et fort ce que beaucoup pensent tout bas. 

 

Il a déclaré que la seule raison, à l’heure actuelle, justifiant une collaboration avec une compagnie américaine est d’apprendre les techniques sophistiquées développées à Hollywood : 

« 中国电影很像中国足球!和足球一样,中国电影现在不缺钱,可技术上差了人家一大截«  

Le cinéma chinois est comme le football chinois ! Comme le football, les films ne manquent pas de financement, ce qui leur manque, c’est la technique. 

 

Les Chinois, a-t-il dit, ont également beaucoup à apprendre dans le domaine du marketing et de la distribution, mais, à l’heure actuelle, il vaut mieux se concentrer sur le public chinois, sans se préoccuper de faire des films qui soient compréhensibles pour le public étranger. Après tout, a-t-il ajouté, Woody Allen ne se soucie pas de savoir si on va comprendre son humour et ses plaisanteries new-yorkaises… et pourtant il est populaire partout. 

 

L’essentiel est là, et l’on voit bien, effectivement, cet état d’esprit se développer chez les grands réalisateurs, Zhang Yimou et Jiang Wen en tête, dont les deux derniers films (« une histoire de nouilles » et « let the bullets fly », avec Feng Xiaogang, d’ailleurs, dans un rôle secondaire) correspondent tout à fait à cette nouvelle préoccupation (1). 

 

Cela traduit bien sûr le développement du marché intérieur, avec la croissance du nombre de salles. Produire pour le marché international n’est plus une nécessité (sauf pour les films censurés), d’où d’ailleurs la multiplication des films à moyen budget qui sont les plus faciles à rentabiliser. A côté de Bollywood est en train de naître Chollywood. 

 

NB En marge du festival, Yu Dong a signé un accord avec le groupe… coréen CJ Entertainment, visant à co-produire deux films sur des thèmes ‘asiatiques’ dans les deux prochaines années, les deux groupes se partageant les droits de distribution le premier en Chine, le second en Corée et au Japon. Un accord stratégique lui aussi révélateur : c’est le marché asiatique dans son ensemble qui est ciblé. On reste ainsi dans la même aire culturelle. 

 

(1) voir les articles des 15 mai et 17 décembre 2009 pour le premier, du 19 février 2010 pour le second.

 

 

« Lost in touch » : prix du « Projet le plus créatif » au festival de Shanghai

20 juin, 2010

Lors de sa cérémonie de clôture, le 16 juin dernier, le programme CFPC (Chinese Film Pitch and Catch : 中国电影项目创投) (1) du 13ème festival de cinéma de Shanghai a décerné son prix du « Projet le plus créatif » (“CFPC最具创意项目”) à la toute jeune romancière Quan Ling (), pour le projet de son premier film, « Lost in Touch » (《陌生》), dont elle est à la fois la réalisatrice et la scénariste. 

Photo de la remise du prix  http://news.qz828.com/system/2010/06/17/010226252.shtml 

 

Le scénario raconte l’histoire d’un couple vivant dans une petite ville ; le mari prétend travailler dans une société d’ameublement qui, en fait, a fait faillite ; sa femme, vive et à la mode, s’ennuie dans son existence médiocre. Ils en arrivent à la fameuse septième année de mariage, considérée comme fatidique. Le manque de communication a fait d’eux des étrangers (les陌生 du titre) qui n’ont plus confiance l’un dans l’autre. Finalement, le mari rompt les ponts, part avec leur enfant, et force sa femme à divorcer. Pendant qu’ils attendent le jugement, cependant, il s’endort sur son épaule… 

 

Ce n’est donc pas un film de plus sur le divorce, ni sur les relations conjugales, Quan Ling l’a bien souligné ; son but est de filmer un pan de l’histoire de quelques personnages, avec leurs luttes et leurs peines, avec une importance primordiale accordée à leur psychologie. C’est plus une réflexion sur la vie qu’une peinture de la société dans une petite ville de province. 

 

Le film va être produit par la société de production de Jia Zhangke « Xstream Pictures » (西河星汇公司), fondée en 2006 avec Yu Lik-wai (余力为) et Chow Keung (周强). C’est le troisième film soutenu par Jia Zhangke, dans le cadre de son programme d’aide aux jeunes réalisateurs qu’il a appelé « programme pour donner des ailes » :添翼计划tiānyì jìhuà. Il doit apporter la moitié du budget, initialement estimé à sept millions de renminbi (environ 830 000 euros). 

 

Le tournage va commencer en octobre. A l’origine, elle voulait tourner dans sa région natale, près de Chongqing, mais elle a été déçue par les repérages : tout a tellement changé, dit-elle. Alors, finalement, le film va vraisemblablement être tourné dans une petite ville près de Chengdu. Les acteurs ne sont pas encore choisis, mais Tao Hong (陶红) a été pressentie pour interpréter le rôle féminin (2). 

 

Quan Ling est née en 1975 à Chongqing et vit aujourd’hui à Pékin. Elle a publié sa première nouvelle en 1999, et a depuis lors écrit une série de nouvelles, publiées dans les grandes revues littéraires chinoises. Elle a commencé à écrire le scénario de son film en 2008. Le marché de la nouvelle étant limité, elle s’est tournée vers le cinéma,  l’écriture et la réalisation étant pour elles complémentaires et le cinéma offrant un potentiel d’expression artistique dont elle veut explorer les possibilités. Il y a là, comme dans le cas de Li Fangfang (3), une réalisatrice venue du monde littéraire, avec une esthétique très personnelle : on a déjà comparé son univers à celui de Bergmann… (4) 

 

Notes 

(1) Programme spécial d’aide aux jeunes réalisateurs créé au sein du festival de Shanghai en 2007, le CFPC sélectionne chaque année huit projets (neuf cette année) auxquels sont ensuite décernés divers prix, comportant aide financière et coaching. Il est doublé d’un programme co-FPC visant à promouvoir des co-productions pour ce genre de projet. 

(2) Une actrice peu connue, qui a surtout joué jusqu’ici dans des productions télévisées et films assimilés sans grand intérêt, mais dont le dernier rôle, dans « Marriage Trap » (婚礼2008), a beaucoup de points communs avec le personnage principal de « Lost in Touch » : 

Photo lors de la présentation de ce film à la presse : http://ent.sina.com.cn/m/p/2008-01-23/16361889008.shtml 

(3) Voir l’article précédent. 

(4) Voir sa présentation sous l’aspect littéraire : 

http://www.chinese-shortstories.com/Auteurs_de_a_z_QuanLing.htm

 

 

Les prix du festival de Shanghai : le film de Liu Jie triplement récompensé !

20 juin, 2010

Les prix du 13ème festival de cinéma de Shanghai viennent d’être dévoilés : le « Gobelet d’or » est allé au film italien « Kiss me again », de Gabriel Muccino, mais Liu Jie (刘杰) a obtenu le prix du jury et le prix du meilleur réalisateur pour « Deep in the Clouds » (碧罗雪山), dont la musique de Giong Lim (ou Lin Chiang 林強) a également été récompensée. 

 

Liu Jie est le réalisateur du « Dernier voyage du juge Feng » (马背上的法庭) (1). « Deep in the Clouds » est son troisième film, après « Judge » (《透析》), présenté au 66ème festival de Venise, et Lotus d’or du festival du film asiatique de Deauville en 2010. 

 

A suivre… 

 

(1) Voir article du 24 avril 2008

 

Li Fangfang au festival de Shanghai : un premier film qui pourrait faire date

19 juin, 2010

Ce premier film de Li Fangfang (李芳芳) s’intitulait à l’origine « Heaven eternal, Earth everlasting », traduction littérale du titre chinois 《天长地久》, mais il a finalement été renommé « Après ‘80 » (80’后》), d’une part parce que le titre original était le même que celui d’un film antérieur de Jeff Lau, avec Andy Lau, et d’autre part parce qu’il correspondait particulièrement bien au sujet du film. 

 

Il traite en effet de la génération « post 1980 », à travers seize années de la vie d’une jeune Chinoise, qui a onze ans au début du film et vingt-sept à la fin. 

 

Une période sans bouleversement politique majeur 

 

L’histoire se passe à Hangzhou. Orpheline, la jeune Shen Xingchen (沈星辰) est recueillie par un oncle fortuné dont le fils, Chen Mo (陈墨), a cinq ans de moins qu’elle. Un jour, à l’école, alors que Chen Mo est pris à parti par un camarade et que  Shen Xingchen essaie de le défendre, elle reçoit l’aide inattendue d’un de ses camarades, Ming Yuan (明远). Ils deviennent ainsi amis, bien que Ming Yuan soit aussi l’objet des attentions d’une autre élève, Wen Jia (闻嘉). A la fin du lycée, Shen Xingchen part étudier à l’université à Pékin, tandis que Ming Yuan et Wen Jia restent à Hangzhou. En 2003, lorsque l’épidémie de SARS frappe la Chine, ils se trouvent plus unis que jamais, tandis que Shen Xingchen, à Pékin, est au contraire très isolée… 

 

C’est donc une tranche de vie couvrant en gros les vingt dernières années que dépeint le film, mais il le fait de manière très personnelle. Les films chinois ont tendance à suivre leurs personnages à travers les bouleversements politiques de périodes troublées, les existences en étant directement affectées, très souvent de façon dramatique. Or, ici, le film s’attache à la génération « post 80 », disons celle née après 1978 : ce sont des jeunes qui ont grandi dans un pays pacifié, où la préoccupation majeure était le développement économique, et la stabilité sociale comme élément indispensable à ce développement. 

 

Pour cette génération, ce qui a marqué, ce sont deux éléments majeurs : l’un frisant le désastre à l’échelon national, c’est l’épidémie de SARS, en 2003, l’autre suscitant un immense mouvement de fierté nationale, c’est le succès de la candidature de Pékin pour les Jeux olympiques de 2008. Il n’y a rien d’héroïque, rien de tragique, les personnages ne sont en rien emblématiques, ils sont des jeunes comme tant d’autres, pour lesquels seules comptent leurs émotions, et qui vivent à fleur de peau. Le film n’a pour seul ressort dramatique que le lien qui unit les deux jeunes étudiants, à des kilomètres de distance. 

 

Mais le scénario est plus profond qu’il n’y paraît, intégrant nombre d’incidents et faits secondaires, ainsi que des personnages tout juste effleurés, qui viennent enrichir la trame de base en évitant le mélo. Surtout, Li Fangfang a fait de son film un hommage au chanteur et acteur Leslie Cheung (张国荣) dont le suicide, en 2003 justement, a endeuillé cette génération et dont elle a fait un emblème. Car s’il y a un emblème dans le film, il est là, fragile et émouvant. Leslie Cheung était une idole, chacune de ses chansons était un événement, elles servent de toile de fond au film qui en tire une profondeur émotionnelle qu’il n’aurait jamais eue autrement. C’est peut-être la meilleure idée de la réalisatrice : l’une des plus belles chansons de Leslie Cheung est interprétée par le chanteur Chen Chusheng (陈楚生) qui l’a offerte à Li Fangfang, comme contribution personnelle, in memoriam – c’est 《有谁共鸣》(y a-t-il quelqu’un en qui je puisse trouver un écho ?) : 

Extrait : http://video.sina.com.cn/p/ent/m/c/2010-03-31/185460509684.html 

 

Un film personnel qui pourrait faire date 

 

Li Fangfang a soigné les détails tout en cadrant son budget. Elle a choisi ses acteurs principaux parmi des jeunes encore totalement inconnus, mais remarquables : Liu Dong (刘冬) dans le rôle de Shen Xingchen, Huang Ming (黃明)dans le rôle de Ming Yuan, Tao Shuai (陶帥) dans le rôle de Chen Mo et Yi Na (伊娜) dans celui de Wen Jia sont excellents, en grande partie, de l’avis général, parce qu’ils sont bien dirigés. 

Voir les photos sur le site du film, avec une vidéo : http://ent.sina.com.cn/f/m/80s/index.shtml 

 

La photo est également superbe, dans des tons souvent bleutés, un peu à la mode mais adaptés à l’atmosphère du film ; elle est signée d’un nouveau venu aussi, l’Américain Lyle Vincent. 

 

Le film a fait sensation dans les festivals où il est déjà passé, à commencer par celui de Tokyo, en octobre 2009,    où il a été projeté et applaudi dans une salle de sept cents personnes pleine à craquer, mais aussi à Cannes, en mai dernier, en dépit des retards dus au nuage de cendres islandais. Il a commencé depuis lors une tournée dans diverses villes de Chine, avant de sortir en salles le 25 de ce mois. L’accueil est partout admiratif. 

 

Li Fangfang a voulu rendre les sentiments d’une génération, et elle l’a fait en s’appuyant sur les siens propres, faisant de son film une sorte d’ode à sa jeunesse, et à la jeunesse de cette période. Ce n’est pas pour rien, très certainement, qu’elle a choisi la chanson de Leslie Cheung qui parle d’écho, d’empathie. Ce qu’elle a cherché, c’est de susciter un écho dans le public de son âge, mais chez les autres aussi, car tout le monde a finalement les mêmes souvenirs. 

 

Il y a là le reflet d’une époque. Elle a dit que son film représentait les souvenirs de l’époque de sa jeunesse, comme « In the heat of the sun » (《阳光灿烂的日子》) représente ceux de Jiang Wen (姜文), « Le paon » (《孔雀》) ceux de Gu Changwei (顾长卫), et «Beijing bicycle » (17岁的单车》) ceux de Wang Xiaoshuai (王小帅)

 

Mais Li Fangfang arrive avec des souvenirs différents, un ton différent, un style différent. Les médias chinois ont déjà commencé à parler de septième génération… Il est peut-être un peu tôt pour l’affirmer, mais il semble bien qu’un mouvement est en train de prendre forme, qui correspond tout simplement à des conditions politiques et socio-économiques différentes. C’est bien cela qui avait déjà entraîné la montée de la cinquième génération après le début de la politique d’ouverture, et celle de la sixième après 1989 et le développement de la Chine urbaine. 

 

Une réalisatrice qui a fait ses classes aux Etats-Unis 

 

Si son ton et son style sont nouveaux, c’est peut-être aussi parce qu’elle a été en partie formée aux Etats-Unis. 

Li Fangfang a été une enfant prodige, faisant preuve de talents littéraires précoces : à seize ans, encore lycéenne, elle avait déjà publié un livre. A dix huit ans, elle écrivit un scénario pour un feuilleton télévisé en dix épisodes,《十七岁不哭》(à dix sept ans on ne pleure pas), qui connut un immense succès auprès du public dans cette tranche d’âge. 

 

Elle obtint ensuite une bourse et alla étudier la réalisation à l’université de New York ; c’est d’ailleurs là qu’elle fit la connaissance de son chef opérateur, Lyle Vincent. Elle se considère comme une disciple d’Ang Lee (李安), cherchant à émuler son style empruntant à l’est et à l’ouest, ou du moins cherchant à maîtriser les techniques américaines pour servir des sujets proprement chinois. 

 

Cela donne un film chinois, mais atypique. Qu’il marque le début d’une nouvelle « génération » est une question sur laquelle nous aurons certainement l’occasion de revenir. 

 

En attendant, il faut écouter encore la chanson de Leslie Cheung, mais cette fois-ci telle qu’il l’interpréta lui-même, en 1986, lors d’une cérémonie de remise de prix (“十大劲歌金曲金奖”) : c’est bien le reflet nostalgique d’une époque… et du film - et  tout simplement très beau. 

http://tv.people.com.cn/GB/79889/11270488.html 

  

抬头望星空一片静                             levant les yeux vers l’immensité paisible du ciel étoilé,
我独行夜雨渐停                                 je vais seul dans la nuit sous la pluie qui peu à peu se calme, 
无言是此刻的冷静                             en cet instant paisible où pas un mot ne résonne
笑问谁肝胆照应                                 je (me) demande en riant qui pourrait bien se soucier de moi,
风急风也清告知变幻是无定              etc…
未明是我苦笑却未停
不信命只信双手去苦拼
矛盾是无力去暂停
可会知我心里困倦满腔
夜阑静问有谁共鸣                             dans le calme de la nuit, je me demande où trouver un écho…
从前是天真不冷静
爱自由或会忘形
明白是得失总有定
去或留轻松对应
孤单中颤抖可知我实在难受
问谁愿意失去了自由
想退后心里知足我拥有
前去亦全力去寻求
风也清晚空中我问句星
夜阑静问有谁共鸣                             …………. 

 

« Lan », premier film réalisé par l’actrice Jiang Wenli, couronné au Festival de Shanghai

18 juin, 2010

Le premier film réalisé par Jiang Wenli (蒋雯丽), intitulé « Let’s meet in the Heaven » (《我们天上见》) (1), était en compétition dans la section “Nouveaux talents” (亚洲新人) au festival de Shanghai, mais sous son autre titre, « Lan » (《兰》), du nom du personnage principal, Xiao Lan (小兰). 

 

Le film dépeint en effet les relations de cette petite fille avec son grand-père, à qui elle a été confiée quand ses parents furent envoyés se faire rééduquer à la campagne, pendant la Révolution culturelle. Elevée dans le pieux mensonge que ses parents sont en train de travailler à faire fleurir le désert dans l’ouest du pays, l’enfant fait de son mieux pour supporter la dure discipline d’une formation de gymnaste pour laquelle elle n’a pas d’aptitudes particulières. En même temps, elle s’occupe de son grand-père dont la santé décline chaque jour. 

 

Le festival lui a décerné le prix du meilleur film parmi les « nouveaux talents », soulignant la légèreté de touche de la réalisatrice, son excellente direction d’acteurs, des images aux couleurs d’une étonnante beauté (2) et l’attention aux détails qui nous font pénétrer dans l’univers de l’enfant dont le rôle s’inverse peu à peu au fur et à mesure que passe le temps et que s’affaiblit son grand-père. 

 

Tout cela est filmé avec d’autant plus de chaleur et de profondeur que le scénario est basé sur les propres souvenirs d’enfance de la réalisatrice, remontant à la fin des années 1970, quand elle-même fut confiée à son grand-père qui avait alors dans les quatre-vingt dix ans et elle sept ou huit. 

 

Le vieux grand-père est interprété par un acteur célèbre d’aujourd’hui quatre-vingts ans, qui illumine le film de sa seule présence : Zhu Xu (朱旭) (3). Surtout, le film n’est pas un film de plus sur la fin de la Révolution culturelle et la période qui suit, c’est un film sur les années difficiles de l’enfance et de l’adolescence, qui sont difficiles parce que c’est la vie, et non particulièrement en raison des événements historiques, qui restent en arrière-plan. C’est aussi un hommage au grand-père aujourd’hui disparu qui les a rendues plus faciles, sujet qui touche bien des cordes sensibles, chez les Chinois tout particulièrement. 

 

Jiang Wenli (蒋雯丽), née en 1969, est une actrice qui a beaucoup tourné pour la télévision, mais dont la carrière au cinéma a été lancée en 1992, quand est sorti le film de Chen Kaige « Adieu ma Concubine » (霸王别姬: elle y interprétait le rôle de la mère du jeune Xiao Douzi (小豆子娘). C’est Gu Changwei qui était le directeur de la photo pour ce film, ils se sont mariés l’année suivante (4). Jiang Wenli est cependant restée une actrice discrète dont on entend relativement peu parler. 

 

« Lets’meet in [the] Heaven » a déjà été primé au festival de Pusan 2009, et a obtenu les prix de la meilleure réalisatrice et du meilleur acteur au premier festival de cinéma de Macao, fin décembre de la même année. 

 

Il est sorti en salle pour le festival de Qingming, début avril. C’est certainement un film à voir pour ceux qui vont en Chine ces jours-ci, s’ils veulent autre chose que le « Shanghai » dont on nous rebat les oreilles parce que Gong Li y côtoie John Cusack. Il représente un nouvelle manière de filmer l’histoire récente, non pour l’histoire elle-même, mais en mettant au premier plan des existences ordinaires qui en sont finalement peu affectées. Un autre exemple, présenté à Shanghai, est le film de Li Fangfang « Heaven Eternal, Earth Everlasting » (voir prochain article). 

 

Présentation de « Lets’meet in Heaven » sur CCTV, avec interview de Jiang Wenli : 

http://english.cctv.com/20100419/101573.shtml 

 

Notes 

(1) Je laisse le titre tel qu’il apparaît dans les communiqués de presse, mais c’est une faute caractérisée : on devrait dire « We’ll meet in Heaven », sans article. 

(2) Elles sont dues au chef opérateur Jong Lin :  http://datalib.ent.qq.com/movie/4740/index.shtml 

(3) Zhu Xu, né en 1930, a commencé sa carrière avec la République populaire. Il était le vieux Liu du « Shower » (洗澡) de Zhang Yang (张扬), en 1999, et le merveilleux « Roi des Masques » (变脸) de Wu Tianming, trois ans auparavant (voir article du 8 janvier 2009). Jiang Wenli a joué avec lui dans un film plus rare, sorti en 2000, « The Guasha treatment » (刮痧), que l’on a pu voir il y a trois ans au Centre culturel de Chine à Paris. 

(4) Gu Changwei (顾长卫) est considéré comme l’un des meilleurs directeurs de la photographie chinois de ces deux dernières décennies, mais il est aussi un réalisateur célèbre, depuis « Le Paon » (孔雀), en 2005. Jiang Wenli a interprété le rôle principal dans son film suivant, « And the spring comes » (《立春》). 

 

« Ocean Heaven », de Xue Xiaolu, en ouverture du festival de Shanghai

15 juin, 2010

 

Pour sa soirée inaugurale, samedi 12 juin, le festival international de cinéma de Shanghai a choisi, un film inattendu : « Ocean Heaven » (《海洋天堂》), premier long métrage de Xue Xiaolu (薛晓路), qui en a également écrit le scénario. 

   

Le film se passe dans la cité portuaire de Qingdao, et dépeint les relations entre un père et son fils. Comme dit la pub, environ un enfant sur mille naît autiste, ce qui fait plus d’un million d’autistes chinois, et le fils en question, qui a vingt-deux ans, est justement l’un d’entre eux. Son père travaille dans un centre aquatique de Qingdao, le Polar Ocean World, et le fils nage comme un poisson, tout à fait à l’aise dans un univers aquatique qui semble bien mieux lui convenir que le monde de tous les jours. Car, à part cela, il a une attitude erratique, et, comme il a perdu sa mère, dépend totalement de son père… qui est atteint d’un cancer du foie en phase terminale. 

 

Cela faisait a priori beaucoup, surtout après « Rain Man ». Quand on sait, en outre, que c’est Xue Xiaolu qui a signé le scénario du film de Chen Kaige « L’enfant au violon » (《和你在一起》), qui a déjà fait mouiller plus d’un mouchoir, y compris dans les avions entre le plateau repas et les achats hors douane, on ne pouvait que craindre le pire. 

 

Mais Xue Xiaolu n’a pas forcé la dose, et s’est surtout entouré d’une équipe de premier plan qui sauverait le pire des scénarios. Les deux principaux acteurs d’abord. Le père, comme tout le monde, ou à peu près, le sait maintenant, est interprété par la star du kung-fu, et maintenant des actions caritatives, Jet Li (李连杰). Le fils est interprété par un acteur beaucoup moins connu, Wen Zhang (文章), mais qui vaut bien Dustin Hoffman dans « Rain Man ». Les personnages féminins, eux, sont dans l’ombre et juste esquissés, peut-être justement pour éviter le mélo.   

 

Le film a d’autres atouts de taille : la musique est de Joe Hisaishi, le compositeur de Kitano et Miyazaki, le directeur artistique est Hai Chung-man, celui, entre autres, du film de Zhang Yimou « La cité interdite » (《满城尽带黄金甲》), et surtout c’est le grand maître Christopher Doyle qui est le directeur de la photo ; il n’y a que lui pour filmer l’eau de la sorte : 

http://www.youtube.com/watch?v=-lADQRUgFmU&feature=related 

ou les poissons dans l’aquarium avec un effet de  contre-jour …  voir le blog de Jet Li : 

http://www.alivenotdead.com/jetli/All-done-with-the-shoot-of-Ocean-Heaven–profile-789737.html 

Du coup, plutôt qu’à « Rain Man », « Ocean Heaven » fait songer au long métrage de Luc Besson « Le grand bleu », et la beauté des images ne peut que diffuser les lourdeurs éventuelles du scénario. 

  

Le film sort en salles en Chine dans trois jours, le 18 juin, on va voir si Jet Li arrive à attirer les foules quand il ne joue pas dans un film d’action ou de kung-fu. En tout cas, il faut féliciter le festival de Shanghai d’avoir mis en exergue, pour sa première soirée, un film qui a au moins pour lui de sortir des sentiers battus des grosses productions chinoises actuelles. 

 

Trailer : http://www.traileraddict.com/trailer/ocean-heaven/trailer 

Chanson du film,《说了再见》(il a dit au revoir), interprétée par le chanteur taiwanais Jay Chou (Zhou Jielun 周杰伦) :  http://www.mtime.com/movie/113185/trailer/25938.html 

 

 

Liu Jian au festival du film d’animation d’Annecy : noir, très noir…

13 juin, 2010

Le festival du film d’animation d’Annecy qui s’est terminé hier soir, samedi 12 juin, présentait, parmi les sept longs métrages en compétition, une œuvre d’un jeune réalisateur chinois : « Piercing 1 » de Liu Jian.   

 

Liu Jian a étudié la peinture chinoise traditionnelle à l’institut des Beaux-Arts de Nankin dont il est sorti en 1993. Il est l’un des artistes représentatifs du mouvement post-1989 dit « Gaudy Art » (俗艺术), ou ‘gorgeously vulgar art’. C’est en 1995 qu’il a commencé à s’intéresser à l’animation. D’après la biographie du ‘Holland Animation Film Festival’, il est devenu, en 2004, le directeur général de la société « Nanjing Fushi Animation », et a créé trois ans plus tard son propre studio : « Le Joy Animation Studio », également basé à Nankin. 

 

Il a alors commencé le film d’animation qu’il a présenté à Annecy : trois ans de travail, à tout faire, la production, le scénario, le dessin, l’animation, qui, évidemment, pâtit de moyens financiers un peu justes ; même les voix sont celles de copains artistes. Tout est dans l’idée et le dessin, où domine le noir, ce n’est ni gaudy ni gorgeous ; l’affiche en donne une idée : 

Affiche http://www.123savoie.com/photo-96230-piercing-1.html 

 

Le dessin peut sembler laid, mais la ville est laide, nous dit Liu Jian, comme l’âme des gens qui l’habitent. La laideur semble avoir tout imprégné. On peut préférer Miyazaki. Le personnage principal se retrouve au chômage, après la fermeture de son usine ; il se fait tabasser par un gardien de supermarché qui le prend pour un voleur, et va ensuite d’arnaque en arnaque,  dans un réseau d’intrigues où tout le monde est corrompu, des promoteurs immobiliers aux policiers. Rien d’étonnant, la littérature chinoise aujourd’hui nous abreuve régulièrement d’histoires de ce genre ; on se croirait dans un roman de Zhang Yu (张宇), chez les ripoux de Zhengzhou ou autres. 

 

Evidemment, c’est du cinéma indépendant et on aurait tendance à penser que c’est le genre de production qui le restera longtemps. Et pourtant, il y avait à Annecy une importante délégation chinoise tout ce qu’il y a de plus officielle, venue promouvoir le cinéma d’animation chinois en Europe, pardon : l’industrie du cinéma d’animation chinoise, et ces officiels gominés et cravatés ont gracieusement invité Liu Jian. On parie qu’il va finir par rentrer dans le système, lui aussi ? 

 

Tout le monde y gagnera : il aura des fonds pour faire des animations un peu plus sophistiquées, et la Chine étoffera son « industrie » du film d’animation… On dit comment « win-win », en chinois ? 双赢 shuānɡyíng,me souffle-t-on. Un néologisme qui a de l’avenir, dans le monde du cinéma aussi. 

 

13ème festival international du film de Shanghai du 12 au 20 juin 2010

9 juin, 2010

Coïncidant avec l’Exposition universelle, le festival s’apprête cette années à battre des records dans tous les domaines, et d’abord sans aucun doute d’affluence. Le nombre de films soumis est déjà sans précédent : plus de 2 320 films de 81 pays. 

 

Seize seront en compétition pour le ‘Gobelet d’Or’, l’équivalent de la Palme d’Or cannoise (1), dont le jury sera présidé par John Woo, et comprendra, entre autres, Wang Xiaoshuai (王小帅) et l’actrice Zhao Wei (赵薇) ainsi que les réalisateurs Leos Carax, Amos Gitai et Bill Guttentag. 

 

Deux films chinois figurent dans la sélection : « Deep in the Clouds » et « Ocean Heaven ». « Deep in the Clouds » (《碧罗雪山》) est le dernier (et troisième) long métrage de Liu Jie (刘杰), le réalisateur du  merveilleux « Dernier voyage du juge Feng » (马背上的法庭) (2). 

Première photo du film : http://english.cri.cn/6666/2010/05/30/1261s573243.htm 

 

 « Ocean Heaven » (《海洋天堂》), quant à lui, est un film d’un réalisateur peu connu, Xue Xiaolu (薛晓路);  son nom est à peine mentionné dans les dossiers de presse du film, l’important est ailleurs, la tête d’affiche n’étant autre que … Jet Li (李连杰).  

 

Dix films ont par ailleurs été sélectionnés pour la section « Nouveaux Talents asiatiques » (亚洲新人) dont les récompenses seront décernées le 18 juin, deux jours avant celles du ‘gobelet d’or’. Y figurent deux films chinois : « Crossing the mountain » (《翻山》) de Yang Rui (杨蕊) et « Lan » (《我们天上见》), premier film réalisé par l’actrice Jiang Wenli (蒋雯丽), qui avait déjà été présenté au festival de Pusan, en septembre dernier .        

 

Quant à la section « Panorama », qui projette tous les ans des films du répertoire classique international, elle a cette année deux sections qui correspondent au logo choisi pour l’Expo, « meilleure ville, meilleure vie » (城市,让生活更美好”) : « films classiques sur la ville » (chaque réalisateur choisi représentant une grande ville, Woody Allen pour New York par exemple) et « village global » dont le programme sera en liaison avec les pavillons nationaux et régionaux de l’exposition. 

 

Mais le festival est aussi devenu une plate-forme de plus en plus importante pour le marché du film chinois, avec une section particulièrement dédiée à la co-production et une section annexe de débats sur les grandes tendances de l’industrie cinématographique, le SIFFORUM, qui sera cette année plus particulièrement orienté vers le développement du cinéma en 3D, avec la présence, entre autres, du producteur exécutif d’ « Avatar ». On y attend les interventions très diverses de John Woo et Han Sanping, des réalisateurs Feng Xiaogang (冯小刚) et Wang Xiaoshuai (王小帅), de Peng Ho Cheung (ou Peng Haoxiang彭浩翔), et des Taiwanais Niu Chengze (纽承泽) et Leon Dai (戴立忍). (3) 

 

Notes 

(1) Le nom exact de la récompense est金爵奖 jīnjué jiǎng jué est un ancien terme désignant les titres de noblesse dans la féodalité chinoise. La traduction exacte serait ‘le prix du titre d’or’. Le gobelet est l’objet qui est remis aux artistes.  

(2) voir article du 24 avril 2008 

(3) Peng Ho Cheung/Edmond Pang, réalisateur, acteur, écrivain etc… né en 1973 à Hong Kong, représente (sans doute) la nouvelle génération du cinéma de Hong Kong, comme Niu Chengze et Leon Dai représentent la nouvelle génération du cinéma de Taiwan, chacun à sa manière (pour Léon Dai voir l’article du 5 février dernier sur son dernier film : « No puedo vivir sin ti » – Niu Chengze, pour sa part, a fait sensation lors du Nouvel An, cette année, avec la sortie de son film « Monga », un film de gangsters sur les triades qui a battu des records au box office). 

 

Site du festival http://www.siff.com/MovieEN/default.aspx# 

 

A suivre

 

 

Retour sur « Le sorgho rouge » de Zhang Yimou à l’occasion du festival de Nice

8 juin, 2010

Projeté samedi dernier, 5 juin, dans le cadre du festival de cinéma chinois de Nice (1), « Le sorgho rouge » (《红高粱》) fut le premier film de Zhang Yimou en tant que réalisateur. Il inaugurait un nouveau style cinématographique alliant couleurs et musique pour créer un univers onirique chargé de symboles. 

 

Porté par le couple Jiang Wen – Gong Li (dont c’était la première apparition à l’écran), le film est lui-même devenu un symbole : symbole du renouveau du cinéma chinois au début des années 80, un cinéma chinois que l’Occident découvrit alors médusé. 

 

Si l’on peut comprendre que les cinéastes de la sixième génération se soient rebellés ensuite contre l’emprise écrasante de leurs aînés (2), le film de Zhang Yimou a quelque chose de tellurique qui exerce aujourd’hui encore sur nous une force magnétique. 

 

Adaptation d’un roman de Mo Yan, le film est analysé dans une nouvelle rubrique du site de littérature chinoise associé à ce blog qui traitera des adaptations cinématographiques de nouvelles et romans. Il bénéficie ainsi d’une meilleure mise en page, en particulier en ce qui concerne l’affichage des images tirées du film pour soutenir l’analyse. 

 

Voir : http://www.chinese-shortstories.com/Adaptations%20cinematographiques_ZhangYimou_Le_sorgho_rouge.htm 

 

                                                                                                                                                                             

(1) Voir article du 2 juin dernier. 

(2) Zhang Ming par exemple, voir article du 27 mai dernier. 

 

12